Préparez la 27e heure : découvrez Amandine Fluet !

Une nouvelle année, une nouvelle saison, et de nouveaux artistes et journaliste en résidence-mission ! Afin de préparer au mieux la 27e heure qui sera organisée le lundi 05 octobre prochain au 9-9bis, nous vous proposons de découvrir les portraits des artistes et de la journaliste avec lesquels vous aurez l’opportunité de travailler ! Place aujourd’hui à la comédienne, auteure et metteuse en scène Amandine Fluet !

Crédit Aurélien Froissart

Amandine Fluet est comédienne, metteuse en scène et autrice. Ex‐urbaniste, elle s’empare du récit théâtral pour parler des lieux, des territoires, de la mémoire. Elle conçoit des formes artistiques mêlant théâtre et urbanisme. Elle questionne l’attachement à un lieu, ou comment la trajectoire individuelle s’entremêle à la destinée d’un territoire et de sa population. Elle crée des personnages-lieux, grâce au théâtre masqué, qui ressentent, réfléchissent, parlent. Comme dans Bienvenue à Chicon-la-Vallée où elle incarne une ville moyenne imaginaire, qui veut agir face au départ de ses habitants et à la disparition de ses commerces. Elle crée des balades théâtralisées dans des forêts, quartiers, villes… Elle écrit aussi des textes dont le lieu, à l’instar du bassin minier dans La Sainte-barbe, est le héros principal.

Que souhaitez-vous mettre en place avec les futurs porteurs de projet CLEA du territoire ?

Nous pourrons partir à la découverte de lieux emblématiques du territoire, comme des lieux du quotidien qui paraissent à première vue anodins mais que l’on croise tous les jours, le quartier, le centre commercial, le rond-point, l’arbre de l’école… Nous pourrons aller les explorer, faire des recherches autour de ces lieux (articles de presse, photos, mais aussi et simplement notre imagination), et chercher ensemble ce qu’auraient à nous dire ces lieux, ce qu’ils ressentent, ce qu’ils pensent, ce qu’ils aiment. Ils pourraient dialoguer entre eux ! Nous pourrons devenir et interpréter ces lieux et jouer leurs monologues et dialogues : on parlera, on écoutera, on écrira, on improvisera, on transmettra… On pourra aussi comparer nos trajets quotidiens, réfléchir à ce qui nous marque sur le trajet, ce à quoi on fait attention, ce que l’on oublie, ce qu’on aime observer. On pourra choisir un lieu qu’on apprécie, qui signifie quelque chose pour nous, et l’animer, le rendre totalement vivant, ou lui écrire une déclaration…!

Quel est votre parcours, qu’est ce qui a amené à ce que vous faites ?

J’ai été urbaniste de 2009 à 2015 dans un bureau d’études qui travaillait pour les communes des Hauts-de-France, puis j’ai intégré une école de théâtre à Montreuil (Seine-Saint-Denis) et depuis je suis comédienne, metteuse en scène et autrice. J’ai également été conseillère municipale dans la ville où j’ai grandi, à Courrières, et ce sont les questionnement politiques, au sens de citoyens, qui m’ont amenée là où je suis aujourd’hui, et qui me donnent l’envie de réaliser ce CLEA. Je propose des interventions artistiques et des spectacles mêlant théâtre et urbanisme, art et territoire – en tant qu’espace urbain, architectural, historique et émotionnel. Je travaille sur les lieux pour créer la rencontre. J’utilise pour cela essentiellement le récit théâtral : écriture, jeu, mise en scène, performance, formes sur- mesure hors-les-murs…

On réfléchit souvent notre construction d’individu comme le produit de la cellule familiale, de l’éducation scolaire, des cercles d’amis, en évacuant le rôle du lieu. J’essaie de comprendre à quel point notre destinée et notre identité sont influencées et forgées par l’endroit où l’on a grandi, travaillé, vécu. Je souhaite questionner l’attachement à un lieu, comment le lieu nous façonne et comment nous le façonnons. Je m’intéresse à la grande histoire qui croise la petite : comment le récit individuel s’entremêle à la destinée d’un territoire et de sa population, ou comment l’intime rencontre le politique.

J’aime sortir de la salle de spectacle et faire du théâtre de multiples façons, dans divers lieux, là où on ne s’y attend pas forcément.
Je continue par ailleurs à explorer diverses formes de création, jouer, et mettre en scène avec plusieurs compagnies, et dans plusieurs régions de France (Ile-de-France, Hauts-de- France, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine).

Quels sont les projets phares que vous avez menés et qui ont marqué votre parcours ?

J’ai mis en scène La Furie des nantis, une pièce post-apocalyptique d’Edward Bond, avec le Collectif En Attendant le Nom. Cette expérience m’a permis de comprendre que j’aimais mettre en scène et diriger des comédiens mais aussi mener des projets. J’ai ensuite cherché comment concilier théâtre et urbanisme, comment parler des lieux. C’est là qu’est apparu le projet Bienvenue à Chicon-la-Vallée, solo masqué dans lequel j’incarne une ville moyenne sur le déclin prête à en découdre, en dialogue avec une ex-urbaniste et ex-élue aujourd’hui comédienne, bref moi, expliquant le développement des villes. J’y ai trouvé une méthode très personnelle de mise en récit des lieux, que je souhaite décliner. Le personnage me permet aussi de sortir de la salle de spectacle, Chicon-la-Vallée ou d’autres personnages, animent de la concertation citoyenne, parlent des lieux avec les habitants dans la rue, font des visites guidées singulières… Le masque, travaillé avec la compagnie La Parade, est un outil formidable pour libérer la parole. Auparavant, j’avais commencé à écrire la pièce La Sainte-Barbe, dont le héros principal est le bassin minier du Pas-de-Calais, que je mets en scène avec des amateurs de l’agglomération (CAHC), autre projet marquant, pour la découverte d’une autre manière d’intégrer le lieu à la création et pour le retour aux racines.

Quels sont vos envies pour cette résidence-mission ?

Avec cette résidence-mission, je souhaite faire découvrir ma démarche artistique, la partager et l’enrichir au contact des jeunes habitant.e.s. Ensemble prendre le temps d’écouter, de regarder et de raconter autrement ce qui nous entoure au quotidien. Se demander si les lieux sont vivants ! Transmettre l’envie d’imaginer et d’inventer. Et aussi mettre en pratique mon travail dans un territoire où j’ai vécu la majeure partie de ma vie. Je reviens « chez moi », en tant qu’artiste cette fois. J’ai hâte d’aller à la rencontre du public et de présenter mes spectacles et mes propositions artistiques

Je suis attirée par un théâtre en immersion autour du récit et du patrimoine : écouter les petites histoires et les grandes, les coups de gueule et les envolées lyriques, les petites choses du quotidien, et les grandes choses de l’histoire individuelle et collective, les drames et les fêtes. Je souhaite refaire de l’espace un lieu que l’on s’approprie, que l’on invente et réinvente ensemble.

Persuadée que le territoire est un être vivant, je développe des personnages-lieux. Nous pourrons partir à la découverte de lieux emblématiques du territoire, comme des lieux du quotidien qui paraissent à première vue anodins mais que l’on croise tous les jours, le quartier, le centre commercial, le rond-point, l’arbre de l’école. Qu’ont-ils à nous dire, que ressentent-ils, parlent-ils entre eux ?

Rencontrez Amandine Fluet le lundi 05 octobre 2020, de 14h à 17h au 9-9bis/Métaphone à Oignies ! Plus d’informations à mathilde.beauchamp@9-9bis.com !


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