Manifestations dépliables et altération de la signalétique

Cette résidence artistique entrant dans son troisième mois, le temps est venu de jeter bas les masques et d’entreprendre à visage découvert notre véritable mission tenue secrète jusqu’alors : la reconquête du bassin minier. Première étape : l’organisation de manifestations de rue sur des sujets tabous. Quoi de plus difficile à dire en effet que des choses interdites ? Heureusement, nous avons trouvé une parade infaillible avec le slogan dépliable. Ainsi, avec les élèves du lycée Diderot de Carvin, nous avons conçu des banderoles qui permettent de retourner sa veste en un tournemain. Ces banderoles sont actuellement en cours de réalisation, le tournage devrait intervenir à la rentrée…

Autre chantier de taille : la transformation de l’espace public, à commencer par la signalétique urbaine, tristement prévisible. Si nous voulons réenchanter le monde (et pourquoi ne le voudrions-nous pas ?) il est temps de s’attaquer à ces signes qui ne sont plus utiles qu’aux seuls touristes égarés ne disposant pas d’un GPS, soit entre 4 et 6 personnes à l’année, d’après les estimations les plus optimistes. Nous avons choisi pour cela le procédé anagrammatique, qui permet une transformation en douceur : rien n’est supprimé, rien n’est ajouté, on se contente de mélanger un peu. Et hop, au lieu du tragiquement banal quai de la gare de Dourges, on peut s’embarquer de Gourdes (si l’on a soif) à destination de Drogues (si l’on a d’autres besoins).

Intéressons-nous à présent au cœur du bassin minier. Et quand je dis le cœur du bassin minier, je veux parler de celui qui se trouve dans le congélateur de la classe de SVT du collège Saint-Aubert à Libercourt. C’est par lui que nous avons entamé un chantier de prises de vues des plus intéressants. En effet, outre le cœur sur la main, les élèves (ainsi que certains membres du corps enseignant clairement du côté de l’avant-garde) ont illustré le cul entre deux chaises, mange tes morts, l’argent par les fenêtres et la main verte… Ils ont été rejoints dans cette entreprise par les classes de seconde du Lycée Pasteur d’Hénin-Beaumont, puis par les enfants de la Maison de Quartier Jean-Claude Lecamus de la Plaine du 7 à Montigny-en-Gohelle. Vidéos à suivre…

Les lycéens de Diderot à Carvin ont beaucoup de tendres choses à se dire, mais à cet âge, on n’ose pas toujours. Qu’à cela ne tienne, l’éthologie animale fourmille d’exemples lorsqu’on ne trouve pas de moyen adéquat pour déclarer sa flamme. En s’inspirant des manchots et autres grèbes huppés, nos lycéens ont réussi à exprimer leurs désirs les plus secrets d’une manière qu’on s’accordera à trouver parfaitement explicite, ou pas.

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